Une lecture qui fait un bien fou !

Il y a quelques temps Anne-Gaëlle Huon m’a gentiment proposée la lecture de son nouveau roman, Le bonheur n’a pas de rides, publié chez City Editions. 

J’étais donc invitée dans une auberge, à trinquer sous les rayons du soleil tout en faisant connaissance avec une certaine Paulette… De quoi mettre l’eau à la bouche ! 

 

Résumé :

Paulette a 85 ans, un caractère bien trempé, et pas toute sa tête. Enfin, à ce qu’elle prétend. Lorsqu’elle se retrouve bien malgré elle la nouvelle pensionnaire de l’Auberge de Monsieur Yvon, elle n’a qu’une obsession : en partir ! Mais c’est sans compter sur l’étrange fascination que les autres habitants et leurs secrets vont bientôt exercer sur elle. Que contiennent ces lettres mystérieuses trouvées dans la chambre de Monsieur Georges ? Qui est l’auteur de cet étrange carnet découvert dans la bibliothèque ? Une chose est certaine : Paulette est loin d’imaginer que ces rencontres vont changer sa vie et peut-être, enfin, lui donner un sens.

 

Ce roman est tout simplement un bol d’air frais ! Une lecture feel-good dans laquelle on entre si facilement mais de laquelle on a aussi du mal à ressortir tant les personnages et leurs vécus nous parlent. Ils font échos à ce que l’on a vécu, ce que l’on voit quotidienne, ce que l’on pourrait connaître…

De mon point de vue, chaque lecteur peut (plus ou moins, bien évidemment) se retrouver dans un de ces personnages aussi divers, drôles et touchants que possible. J’ai perçu une réelle volonté de vraisemblance dans les descriptions à la fois physiques mais aussi psychologiques de ces personnages : ils sont profonds et ont une vraie personnalité, ce qui crée une sorte d’intimité, un petit cocon familial autour de ce lieu, dans lequel le lecteur fait partie intégrante ! 

Et tout cet amas de personnages n’enlève en rien le travail de l’autrice, qu’il s’agisse de l’intrigue (très bien ficelée) que de sa plume douce et entraînante (travaillée comme il le faut pour ce genre de roman). En somme, une écriture pleine de vie à l’image de ce roman drôle et touchant qui met le sourire aux lèvres et fait passer un agréable moment ! 

 

L’autrice a même acceptée de répondre à quelques-unes de mes questions (qui, je l’espère de tout cœur, vous amèneront à tenter le voyage vers cette drôle d’auberge familiale ! )…

Anne Gaelle Huon.JPG

– Dans tes « remerciements » tu dis avoir été inspirée par l’auberge de ton père pour l’écriture de ce roman. Choisir l’auberge comme centre de ton intrigue te semblait-il être une nécessité ? Comment t’est venue cette envie ?
Oui, cette auberge (et ses pensionnaires !) m’ont beaucoup inspirée. J’aidais parfois mon père au service, le bloc notes pour prendre les commandes me servant plus souvent à écrire des petites phrases attrapées au détour d’une conversation ou que des sentiments que je ne voulais pas laisser s’envoler… J’aime bien cette ambiance « brasserie », où tout est fait maison, où l’on prend le temps de parler au comptoir, de taquiner le patron et de féliciter la cuisinière. J’aime la convivialité et la simplicité qui s’en dégagent.
– L’auberge se découvre petit à petit, au fur et à mesure de cette lecture, et notamment grâce aux personnages qui y vivent. Un tableau humain et rempli de vie se dessine alors. Voulais-tu faire de ce lieu un personnage à part entière ? Ou, seulement un reflet de valeurs et symboles ? 
 
Oui, c’est joliment dit, tu as raison, on peut dire que l’auberge est un personnage à part entière dans le roman. Le titre de travail de ce roman était d’ailleurs « L’auberge de Monsieur Yvon ». J’aimais bien l’idée que ces personnages habitent ensemble, l’unité de lieu rend les rencontres faciles, et les échanges savoureux. Il permet de rassembler des gens qui ne se ressemblent pas vraiment, et donne lieu à des scènes plutôt inattendues, tantôt drôles, tantôt émouvantes. Ces « collisions » entre les personnages sont sources de vie, ils en viennent à former une sorte de famille, solidaire dans les doutes comme dans les petits bonheurs. 
– Paulette, le personnage principal, ne plaît pas forcément au premier regard (notamment avec son caractère et ses actes) mais ensuite, celle-ci se livre (indirectement aux lecteurs), comme à peu près tous ces personnages (d’âges et d’horizons différents). Pourquoi ce panel de personnages ? Était-ce une facon d’amener chaque lecteur à entrer plus facilement dans l’intrigue (en s’identifiant à l’un d’entre eux) ? Quel a été/ est ton personnage « chouchou » (s’il y en a un), lequel tu as pris le plus de plaisir à écrire dessus ? 
J’aime bien les romans qui présentent un « casting » assez contrasté et riche. Cela donne lieu à des intrigues secondaires qui rendent le roman plus dense et à mon sens, plus prenant. Je pense être – comme beaucoup d’auteurs de ma génération – inspirée par les séries, qui manient à merveille ce travail de roulement sur plusieurs personnages. C’est plus compliqué à construire pour un auteur, mais je m’amuse beaucoup à « utiliser » les personnages d’un chapitre à l’autre selon l’émotion que je souhaite susciter chez le lecteur. C’était le cas dans mon premier roman Buzz, ce sera aussi sûrement le cas dans le prochain. Nombre de ces personnages ont été inspirés par de vrais pensionnaires de l’auberge de mon père, Nour est Nora, la cuisinière, Hyppolyte s’inspire de Tayeb, un pensionnaire un peu farfelu, et puis Paulette est née de la rencontre avec cette cliente qui venait chaque jour déjeuner à l’auberge, et se montrait vraiment très désagréable… Tout est parti de là, et sans doute que j’ai appris à la connaître en même temps que le lecteur. Pour ce qui est de mon personnage chouchou, j’avoue que Marceline me fait bien rire, son grignotage obsessionnel, son envie de séduire sans se soucier de son âge et puis ses tickets à gratter… Et j’ai bien sûr un faible pour Monsieur Georges, notre danseur amoureux, qui me fait penser à mon mari… Romantique, hein ? 😉
– Sans dévoiler l’intrigue, le personnage de Juliette (et ce qui lui arrive) m’a particulièrement touchée ! Etait-il important pour toi de mettre en avant ce personnage fragile, poétique, (et jeune) au milieu de cette intrigue ? 
J’aime bien quand les lecteurs me disent quel personnage les a le plus ému ! C’est toujours différent, ça m’interpelle. Il y a un côté « Dis-moi quel personnage tu préfères et je te dirai qui tu es… » Camille, je sens chez toi un petit côté romantique, solitaire, sensible ? 🙂 (J’ai l’impression d’être astrologue quand je parle comme ça !). Plus sérieusement, je pense que ça renvoie à ce qui fait que chacun de nous lit ce livre à sa propre lumière. Beaucoup de femmes ont aimé Nour, d’autres ont un faible pour le côté paternaliste de Monsieur Yvon…  Juliette était initialement l’héroïne de l’histoire. Elle arrivait un soir d’orage à l’auberge, les ballerines trempées et une valise au bout du bras. Tous les pensionnaires étaient autour de la table, en train de jouer au Cluedo. Et Paulette, l’une des pensionnaires s’est mise à parler d’une façon qui m’a tellement plue que j’ai décidé de mettre Paulette à la porte et de lui donner le premier rôle… C’est pas commun finalement une vieille dame qui vole la vedette à une jeune première ! 
 
 – Petites questions plus personnelles : Quand t’est venue le besoin d’écrire ? Quel est ton plus beau souvenir de ce projet (l’écriture de ton roman) ? 
J’ai toujours écrit, depuis que j’étais enfant. Petite fille hypersensible, je somatisais pas mal au niveau du ventre. Ecrire m’aidait (et m’aide encore) à gérer ces douleurs… Quand j’écris, tout va bien en somme. 
J’ai beaucoup de bons souvenirs associés à ce roman. L’écriture des J’aime / J’aime pas du carnet en est un. J’ai demandé à des amies de me donner leurs « J’aime / J’aime pas  » et certains m’ont beaucoup fait rire. Les cours de Groove de Monsieur Georges existent dans la réalité, ils sont donnés près de mon quartier à New York, par un vieux monsieur. J’y allais souvent et repartais pleine d’idées pour le roman ! La population de ce cours a une moyenne d’âge de 70 ans ! Une avalanche de bonne humeur en musique… J’adore danser ! J’ai aimé aussi me documenter sur le jardinage, les courses hippiques (merci aux fans de PMU et à leurs vidéos de conseil sur youtube !), et puis j’ai aimé quand mon père me parlait de ses limaces au téléphone et m’envoyait des photos de l’ardoise du jour pour inspiration… De te raconter tout ça me rend un peu nostalgique en fait ! Faut que j’écrive une suite à l’occasion !
– Question coup de coeur : l’idée du carnet des j’aime et j’aime pas est-elle liée à ta propre vie ? (Tenais-tu un carnet comme celui-ci ou était-ce juste une façon d’introduire un nouveau personnage mystérieux ?)
J’ai une obsession certaine pour les listes ! Les listes de choses à faire, de livres à lire, de lieux à visiter, mais aussi de choses à faire d’ici mes quarante ans, de mots farfelus, de mots inconnus… Je liste, je liste, et du coup… mes personnages aussi font des listes, comme Marie-Belle dans Buzz ! et puis Juliette dans Le Bonheur... Marceline aussi fait le compte des petites annonces des rencontres manquées, je crois qu’il y a un coté un peu anxieux qui ressort dans tout ça. Une façon de garder les choses bien rangées pour ne pas qu’elles s’envolent… Mais je ne suis pas folle vous savez.
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Si vous ne l’avez toujours pas compris, Le bonheur n’a pas de ride, est une énorme surprise pour moi ! Une très belle découverte littéraire mais aussi humaine ! Et je remercie donc, encore une fois, de tout cœur Anne-Gaëlle Huon ainsi que les éditions City pour l’envoi de ce roman et pour cette petite interview. 
Bonne Lecture 🙂

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’ai très envie de le découvrir 🙂 Ce n’est pas tous les jours qu’on a une héroïne de 85 ans

    Aimé par 1 personne

    1. Lectures Gourmandes dit :

      Je te le conseille vivement !!! 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Violette dit :

    ce n’est pas trop mon genre de lecture mais tu sembles tellement emballée!

    Aimé par 1 personne

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